Le sens spirituel de la maladie et de la souffrance selon les Pères de l’Eglise (Andrei Stanease)

Il n’est pas d’homme qui, au cours de son existence, n’ait à faire face à la maladie, car nul organisme n’est parfaitement sain, la maladie étant liée à la condition humaine. Toutes les maladies sont des causes de souffrance, physique et psychique. En effet, la maladie plonge généralement l’homme dans une situation inaccoutumée, où il doit affronter la douleur, l’inquiétude, le découragement, le désespoir. L’objectif de notre exposé est de comprendre le sens spirituel de la maladie et de la souffrance, tel que les Pères de l’Église nous l’enseignent. Comment expliquer l’existence de la maladie et de la souffrance? Peuvent-elles revêtir un sens positif du point de vue spirituel ?  Y a-t-il un lien entre les péchés personnels et la maladie?

Si la maladie et la souffrance ont comme origine le péché ancestral et comportent de nombreux aspects négatifs, elles peuvent devenir, par la grâce de Dieu et par l’attitude adéquate de l’homme qui doit les affronter, des instruments de progrès spirituel.

I) La conception des Pères de l’Église sur les origines de la maladie et la souffrance

Selon les Pères, Dieu, bien qu’il soit considéré créateur de toutes choses visibles et invisibles, ne peut pas être considéré comme l’auteur des maladies. Ils sont unanimes à rapporter la maladie et la souffrance au péché ancestral. En effet, selon eux, seule la volonté du premier homme, le mauvais usage qu’il a fait de son libre arbitre, le péché qu’il a commis au paradis est la source de la maladie, de la souffrance et, au final, de la mort. Ainsi, Saint Basile affirme que « C’est une folie de croire que Dieu est l’auteur des maux »[1]. Saint Maxime le Confesseur, souligne lui aussi: « Dieu, en créant la nature humaine, n’y a pas introduit la douleur »[2]. Fidèles à la Genèse, selon laquelle la création était à l’origine entièrement bonne, les Pères considèrent donc que l’homme, dans sa condition paradisiaque, couvert de la grâce divine, ne connaissait pas la maladie, l’infirmité, la douleur, la corruption[3] et la mort. En vertu de la grâce divine, Adam se trouvait donc dans une condition supérieure, privilégiée par rapport aux autres êtres vivants de la nature. C’est justement cette condition-là qui est appelée « paradis »[4] selon saint Jean Damascène[5]. Le même saint met en évidence que cette condition concernait non seulement l’âme mais aussi le corps. Saint Dorothée de Gaza affirme lui aussi que « l’homme vivait dans les délices du paradis […] possédant l’intégrité de ses facultés, dans l’état naturel où il avait été créé »[6]

Cependant, l’homme ayant été créé libre, il dépendait de sa volonté de conserver ou non cette grâce[7]. En essayant de devenir « comme des dieux » (Gn, 3,5) à la suggestion du malin, Adam et Eve ont voulu devenir dieux en dehors de Dieu, se privant ainsi de la grâce divine, perdant en même temps les qualités qu’ils lui devaient (l’incorruptibilité et l’immortalité). Saint Irénée de Lyon note dans « Contre les hérésies » (V, 15, 2) que c’est « à cause du péché de désobéissance que les maladies assaillent les hommes ». Saint Grégoire de Nysse affirme également que « cet abandon du bien, une foi accompli, eut pour conséquence l’apparition de toutes les formes du mal : le fait de se détourner de la vie provoqua la mort, la privation de la lumière entraîna l’obscurité, la vertu faisant défaut, le mal apparut et c’est ainsi que toutes les formes du bien furent remplacées une à une par la série des maux contraires »[8]. Ainsi, la chute a fait tomber l’homme au-dessous de son être, il est devenu charnellement et sensuellement enténébré. Alors que la modalité d’existence originelle de sa nature rapprochait l’homme de la condition angélique, la nouvelle le rapproche de l’animalité, condition qui est signifiée dans la Genèse par les tuniques de peau (Gn 3,21). Ces tuniques symbolisent à la fois la mort dont cette condition est porteuse et le fait qu’elle est surajoutée à la vraie nature de l’homme[9]. On le voit bien, la maladie et les autres maux qui résultent du péché ancestral ne sont pas considérés par les Pères comme une punition d’un Dieu vengeur et cruel, mais c’est bien l’homme lui-même, par l’usage de sa liberté, qui engendre par sa faute son châtiment.

Cette maladie très grave qui affecta l’homme atteignit tout le cosmos. En effet, si le monde a été créé bon par Dieu, il dépendait de l’homme qu’il le reste ou non. L’homme avait été institué roi de la création, ayant pouvoir sur tous les êtres qu’elle contenait. Il était médiateur entre Dieu et les créatures, lui donnant pour tâche de les mener à leur perfection. Selon Saint Maxime[10], l’homme avait surtout pour mission d’unir le paradis et la terre et donc de rendre tous les êtres créés participants à la condition paradisiaque. Ainsi Adam devait partager à toutes les autres créatures l’ordre, l’harmonie et la paix dont bénéficiait sa propre nature par son union à Dieu, mais aussi l’incorruptibilité et l’immortalité reçue par grâce. Mais, Adam se détournant de Dieu, la nature cesse de lui être soumise; dévêtu de la grâce divine, il devient faible face à la nature, qui lui devient hostile. Ainsi, à la suite de son péché, le désordre s’installe entre les êtres de la création, comme en l’homme[11].

Le mal se répand d’autant plus vite que le diable, Adam lui ayant obéi, prend pouvoir sur l’homme. Effet de la faute d’Adam, conséquence et forme du mal engendrée par celle-ci, la maladie se trouva en même temps produite et reproduite , étendue, développée, parfois même incarnée par le diable et les démons qui devinrent alors l’une des sources principales des maladies, se manifestant le plus souvent indirectement à travers elles, mais parfois sans médiation comme dans le cas des possessions. Cependant, nous dit Saint Maxime[12], Dieu ayant en vue le salut de l’homme et de tout l’univers, ne permet pas que les forces du mal submergent et détruisent Sa création. Ainsi, l’homme et la nature restent partiellement protégés par la Providence divine. S’il a perdu la ressemblance à Dieu qu’il commençait à acquérir, l’homme reste porteur de Son image, même si elle est voilée, obscurcie et déformée, nous enseigne St Grégoire de Palamas[13].

On constate donc que, selon les Pères, la source de la maladie et de la souffrance est le péché originel, la faute d’Adam. Mais, pourquoi tous les hommes doivent-ils souffrir et être malades ? Sont-ils tous responsables de la faute d’Adam ? Y-a-t-il un lien entre les péchés personnels et la maladie ? Alors que pour saint Augustin la culpabilité, donc la responsabilité du péché originel se transmet aux descendants d’Adam, pour les Pères orientaux seuls sont transmis les effets du péché ancestral, c’est-à-dire la passibilité (qui inclut la souffrance), la corruptibilité, la mortalité et une certaine tendance à pécher[14]. Autrement dit, chaque homme qui nait n’est pas à priori co-responsable des maux qui affectent la création et ne sera coupable et responsable que de ces propres péchés. On pourrait reprocher aux Pères de transformer Adam en un bouc émissaire, portant la responsabilité de tous les maux du monde. Cependant, ils atténuent la responsabilité d’Adam par diverses considérations[15], notamment par le fait que le véritable inducteur du mal dans le monde c’est le malin qui a étendu le mal dans tout l’univers, profitant de la perte de la grâce par l’homme. De plus, soulignent-ils, Adam a été créé dans un état d’enfance, il était donc fragile et facilement accessible aux ruses du malin. Enfin, les conséquences de la faute d’Adam tiennent à sa position de prototype de l’humanité et au mode d’engendrement  dans lequel l’humanité s’est trouvée engagée du fait de sa faute.

La transmission des maux devient donc un fait de nature et ne procède pas de sa volonté personnelle. Autrement dit, tous les hommes héritent à leur naissance de la nature déchue d’Adam, malades, infirmes, marqués par les conséquences de son péché : « la faute d’un seul a entrainé sur tous les hommes une condamnation » (Rm 5,18). Cela veut dire que les maladies qui affectent les hommes ne sont pas forcément imputables à leurs péchés personnels, mais au fait qu’ils partagent la nature humaine déchue par la faute d’Adam. D’ailleurs, plusieurs passages de l’Evangile soulignent qu’il n’existe pas de lien «automatique» entre la maladie et les péchés qu’une personne ou ses ascendants auraient commis (voir l’épisode de l’aveugle-né Jn 9,13 ou l’épisode du paralytique Mt 9, 1-6). Les saints eux-mêmes, parfois plus que les autres hommes, subissent dans leurs corps souffrances et maladies. Il n’y a donc pas de relation nécessaire entre la santé du corps et la santé de l’âme et les maladies ne peuvent pas être directement imputables aux péchés personnels de ceux qu’elles touchent. Elles frappent indifféremment les justes et les pêcheurs. Les Pères admettent cependant que dans certains cas les maladies peuvent être liées aux péchés de celui qu’elles affectent. Saint Nicolas Cabasilas écrit par exemple qu’« il est des hommes à qui surviennent des maladies corporelles ayant pour cause la dépravation morale de leur âme »[16]. Saint Seraphim de Sarov affirme également qu’il arrive que la maladie soit engendrée par les passions[17].

Il est important de mettre en évidence que chez les Pères de l’Église la maladie et la souffrance qui l’accompagne ont des nombreux aspects négatifs. L’un de ces aspects tient au fait que, comme on l’a vu, la maladie et la souffrance n’ont pas été créées par Dieu à l’origine, qu’elles n’existaient pas dans le Paradis où Dieu a placé le premier homme pour qu’il y trouve le bonheur. La souffrance et la maladie semblent donc étrangères aux desseins de Dieu et à la nature humaine telle que Dieu a voulu qu’elle soit en la créant. Les Pères ne valorisent donc pas la souffrance, se montrant au contraire réservés à l’égard de sa valeur. Un autre aspect négatif de la maladie et de la souffrance tient au fait qu’elles sont pour l’homme déchu sinon une source, du moins une occasion de péché, étant utilisées à ce titre par les forces démoniaques qui cherchent à pousser l’homme à accomplir le mal et à s’éloigner de Dieu, son créateur. Si le plaisir a, dans les œuvres des Pères grecs, une très mauvaise réputation, la douleur est considérée tout aussi négative. Certains Pères affirment d’ailleurs que tous deux, plaisir et douleur, sont apparus dans la nature humaine comme des suites du péché ancestral[18]

Cette première partie nous permet de comprendre que, selon les Pères, la maladie est un mal car elle apparaît comme une conséquence du péché d’Adam, comme un effet de l’action démoniaque dans le monde déchu et comme opposée à l’ordre voulu par Dieu lorsqu’Il créa le monde et l’homme. Cependant, comme nous allons le montrer dans la deuxième partie de notre exposé, pour les Pères, c’est seulement au plan physique, du corps qu’elle est un mal. Si l’homme ne s’abandonne pas au péché dans la maladie et si à l’occasion de celle-ci il ne s’éloigne pas de Dieu, elle ne peut pas être un mal du point de vue spirituel. Elle peut même constituer un bien pour l’homme dans la mesure où il est susceptible, s’il s’en sert bien, d’en tirer des bénéfices spirituels. 

II) La maladie et la souffrance: occasions pour se purifier des péchés et acquérir des vertus

La santé apparaît comme l’état normal de l’homme, alors que la maladie est symbole de la chute et à tendance à déstabiliser l’homme, à l’affaiblir physiquement et au niveau psychique. Il est intéressant de souligner que la majorité des Pères de l’Église enseignent que la santé ne sert à rien du point de vue spirituel aux hommes si elle n’est pas utilisée en vue du Bien. Ainsi, Saint Basile écrit dans ses Lettres (CCXXXVI, 7) que « la santé, en tant que telle ne rend pas bons ceux chez qui elle se trouve, ne fait pas partie des choses bonnes par nature »[19]. Elle peut constituer même un mal si elle contribue à rendre l’homme indifférent à son salut et le maintien éloigné de Dieu.

Quant à la maladie, elle constitue un mal en elle-même, car c’est la conséquence du péché d’Adam et l’effet de l’action démoniaque dans le monde déchu. Cependant, disent les Pères, c’est seulement au plan de la nature physique, du corps, qu’elle est un mal. Car la maladie ne possède pas par elle-même le pouvoir de séparer l’homme de Dieu et ne peut donc pas être considérée automatiquement comme un mal spirituel pour l’homme. Le Christ enseigne que l’homme ne doit pas redouter ce qui peut affecter son corps mais pas son âme (Mt 10, 28)[20]. Saint Jean Chrysostome souligne lui aussi que « si l’âme se porte bien, la maladie du corps ne peut causer aucun dommage à l’homme »[21]. Elle n’est donc pas un mal qu’en apparence. Elle peut même constituer un bien pour l’homme si ce dernier s’en sert bien. Ainsi, Saint Jean Cassien affirme : « Comment voir là des grands maux essentiels, puisqu’ils profitent au bien d’un grand nombre et leur fournissent un moyen de gagner des grandes joies éternelles »[22].

On constate donc que, selon les Pères, la maladie peut dans certains cas et du point de vue de ce qui est bien spirituellement pour l’homme, être considérée comme un bien supérieur à la santé. C’est peut-être aussi la raison pour laquelle de nombreux spirituels qui doivent faire face à la maladie demandent à Dieu de leur donner ce qui leur est utile spirituellement plutôt que le retour à la santé.  Cela ne veut pas dire qu’il faut chercher à être malade et à souffrir (nous l’avons vu, les Pères ne valorisent pas la souffrance, au contraire), mais que celui qui doit affronter une maladie ne doit pas se laisser abattre, déstabilisé par elle. Mais comment la maladie et la souffrance peuvent-elles revêtir un sens positif ? Comment peuvent-elles devenir un « moyen de gagner des grandes joies éternelles » et non pas source de développement dans l’âme des passions qui la trouble, comme l’angoisse, la colère, la révolte, le désespoir ?

La meilleure méthode selon les Pères serait de chercher d’abord le but de la maladie qui atteigne l’homme et non ses causes naturelles ou les moyens d’y remédier. Autrement dit, il faut faire la philosophie de la souffrance, comprendre ce qu’elle révèle sur la condition humaine. De manière générale, dans la maladie et la souffrance se font sentir à l’homme la faiblesse de son être terrestre, le caractère éphémère de son existence en ce monde, sa fragilité, son insuffisance. En d’autres mots, la maladie du corps rappelle celle de tout l’être déchu, elle rappelle à l’homme qu’il est poussière (Gn 3,19). Saint Jean Chrysostome affirme que « c’est pour notre bien que nous sommes en butte aux maladies […] parce que l’orgueil engendré en nous par le relâchement trouve un remède dans cette faiblesse et dans ces afflictions »[23]. La maladie, en ébranlant l’être, amène donc l’homme à s’interroger sur les fondements de son existence, à se rapprocher de Dieu, ce que constate aussi Saint Jean Chrysostome : « Ce n’est point pour nous abaisser que Dieu a permis la maladie, mais parce qu’Il a voulu nous rendre meilleurs, plus sages et plus soumis à Sa volonté, ce qui est le fondement de tout salut »[24].

La maladie n’est pas seulement source de purification des passions, mais aussi occasion d’acquérir certaines vertus, la patience en premier lieu. Selon Saint Jean Chrysostome, « si la patience en général l’emporte sur les autres vertus, la patience dans la douleur l’emporte sur toutes les autres espèces de patiences »[25]. La patience, à son tour, est source de l’espérance, comme l’enseigne saint Paul: « la tribulation produit la patience, la patience une vertu éprouvée, la vertu éprouvée l’espérance » (Rm 5, 3-4). La maladie apparaît également comme source d’humilité et de pénitence, provoquant en même temps dans l’âme une bonne disposition pour la prière. 

 Il faut bien mettre en lumière le fait que la purification des passions et l’acquisition des vertus dans la patience ne sont pas des effets de la maladie elle-même ni de la souffrance qui l’accompagne, mais des dons de Dieu à l’occasion de celles-ci. L’homme, pour bénéficier de ces dons, doit avoir l’attitude adéquate, se tourner vers Dieu, s’ouvrir à Sa grâce. La maladie est donc une sorte d’épreuve, car elle place l’homme dans la situation de Job: il est tenté de maudire Dieu ou du moins de se séparer de Lui, en se repliant sur lui-même dans une attitude d’orgueil[26].  Mais comment l’homme peut-il  ressortir victorieux de cette épreuve?

D’abord, il ne doit pas se laisser dominer, abattre par la maladie. Au contraire, il doit s’efforcer de conserver une attitude de vigilance, dans l’attente du secours divin. Le malade doit donc se garder de se décourager à cause de la faiblesse qui résulte de son état maladif et ne pas le considérer comme un handicap au combat spirituel mais au contraire comme un avantage, car, comme l’enseigne Saint Paul, c’est dans la faiblesse que Dieu manifeste le plus Sa force (2 Co 12,9).

Ensuite, la prière est essentielle, car elle est « l’aide au plus fort de la maladie » (Saint Isaac le Syrien)[27]. C’est par la prière que l’homme s’unit à Dieu et reçoit de Lui toute force et tout bien. Elle devrait donc être l’activité principale du malade, enseigne saint Dorothée de Gaza. Dieu répond toujours à l’appel qui Lui est ainsi lancé, mais ce qu’Il donne à l’homme c’est ce qu’il est pour lui le meilleur spirituellement. Le retour à la santé peut être un bien. Mais parfois la continuation de la maladie offre l’occasion providentielle de recevoir un bien supérieur.

Parmi toutes les attitudes recommandées par les Pères dans la maladie, c’est la patience et l’action de grâce qui occupent la place principale: « Dieu n’exige du malade que l’action de grâce et l’endurance » écrit Saint Jean de Gaza (Lettres, 123). Et c’est bien par ces deux dispositions de l’âme que la maladie peut devenir l’une des formes les plus élevées d’ascèse : « telle est la plus grande ascèse : se dominer dans la maladie et adresser à Dieu des hymnes d’actions de grâce » selon Sainte Synclétique[28]. Saint Grégoire de Nazianze invite même à avoir pour les malades beaucoup de respect, car certains d’entre eux, par cette voie d’épreuve, deviennent des saints: « respectons la maladie qu’accompagne la sainteté et rendons hommage à ceux que leurs souffrances ont acheminés à la victoire : peut-être que parmi ces malades se cache un nouveau Job »[29].

Conclusion

La maladie, étrangère à la condition primordiale de l’homme, est entrée dans le monde par la ruse du malin et par un mauvais usage de libre arbitre par l’homme. Par sa faute, l’homme change les conditions ontologiques de son existence, il s’exile lui-même du paradis. Étant le prototype de l’humanité, les conséquences de son péché, sa nature déchue, corruptible, sont transférées à tous ses descendants. Autrement dit, tous les hommes doivent subir les effets du péché originel, dont les fruits sont aussi la maladie et la souffrance physique et/ou psychique qui l’accompagne.

Mais, par la grâce de l’économie salvatrice du Christ, la maladie et la souffrance sont devenues une arme contre le péché. Instruments et fruits du péché, formes de condamnation de la nature, elles peuvent paradoxalement devenir, si elles sont vécues dans le Christ, des moyens pour accéder à la vie divine.

Bibliographie

Jean Claude Larchet, « Théologie de la maladie », Paris, Ed. du Cerf, 1991

P.Evdokimov, « Une vision orthodoxe de la théologie morale », Paris, Ed. du Cerf, 2000

Jean Claude Larchet,  « Le chrétien devant la maladie, la souffrance et la mort », Paris, Ed. du Cerf, 2004

Joseph de Vatopedi, « L’ascèse, mère de la sainteté », Bucarest, Ed. Bizantina, 2000

T. Colliander, « Le chemin des ascètes », Bégrolles-en-Mauges, Abbaye de Bellefontaine, 1973

Nicolas Cabasilas, « Explications de la divine liturgie », Paris, Ed. Du Cerf, 2007

I.Goraïnoff, « Séraphim de Sarov : Sa Vie, Entretien avec Motovilov et Instructions spirituelles », Abbaye de Bellefontaine, Desclée de Brouwer (Collection Théophanie), 1995

Archimandrite S. Alexei, « La délivrance des péchés », Bucarest, Sophia, 2006.


[1]     Homélie «Dieu n’est pas la cause des maux», cf. JC Larchet, Théologie de la maladie, Paris, Ed. du Cerf, 1991

[2]     JC Larchet,  Théologie de la maladie , Paris, Ed. du Cerf, 1991, page 16

[3]     Ce mot possède deux significations: d’une part, il désigne la dissolution du corps après la mort et, d’autre part, toute forme d’altération du corps et, dans un sens élargi, de l’âme

[4]     D’ailleurs, c’est pour indiquer cet accès par grâce à une condition supérieure que les Pères soulignent que l’homme n’a pas été créé dans le paradis, mais y a été placé par Dieu; ils distinguent bien le paradis du reste de la terre

[5]     Cité par JC Larchet,  Le chrétien devant la maladie, la souffrance et la mort, Paris, Ed du Cerf, 2004

[6]     Ibidem

[7]     Selon certains Pères, l’homme n’a été créé ni mortel, ni immortel, mais capable des deux, en fonction de son libre arbitre, de la liberté qui le fait ressembler à Dieu

[8]     Cité par JC Larchet, Théologie de la maladie, Paris, Ed. du Cerf, 1991

[9]     Joseph de Vatopedi, L’ascèse, mère de la sainteté, Bucarest, Ed. Bizantina, 2000

[10]    JC Larchet, Théologie de la maladie, Paris, Ed. du Cerf, 1991

[11]    « Maudite soit la terre à cause de toi » (Gn 3,17) dit Dieu à l’homme, annonçant la catastrophe cosmique provoquée par sa faute

[12]    JC Larchet,  Le chrétien devant la maladie, la souffrance et la mort, Paris, Ed du Cerf, 2004

[13]    P.Evdokimov, Une vision orthodoxe de la théologie morale, Paris, Ed. du Cerf, 2000

[14]    T. Colliander, Le chemin des ascètes, Bégrolles-en-Mauges, Abbaye de Bellefontaine, 1973, p 20

[15]    Ibidem

[16]    N. Cabasilas, Explications de la divine liturgie, Paris, Ed. Du Cerf, 2007

[17]    I.Goraïnoff, Séraphim de Sarov : Sa Vie, Entretien avec Motovilov et Instructions spirituelles. Abbaye de Bellefontaine,

      Desclée de Brouwer (Collection Théophanie), 1995

[18]    JC Larchet, Théologie de la maladie, Paris, Ed. du Cerf, 1991

[19]    Ibidem, page 53

[20]    « Ne craignez donc pas ceux qui peuvent tuer le corps, mais qui n’ont pas le pouvoir de faire mourir l’âme. Craignez plutôt celui qui peut vous faire périr corps et âme dans l’enfer »

[21]    Homélies sur Lazare, VI,5 cité par JC Larchet, Théologie de la maladie, Paris, Ed. du Cerf, 199, page 54

[22]    Conférences, VI, 6, cité par JC Larchet, Théologie de la maladie, Paris, Ed. du Cerf, 199, page 54

[23]      Cité par JC Larchet, Théologie de la maladie, Paris, Ed. du Cerf, 1991, page 57

[24]      Ibidem, page 58

[25]    Homélies sur le paralytique, 1, cf. JC Larchet, Théologie de la maladie, Paris, Ed. du Cerf, 1991

[26]    Cité par JC Larchet,  Le chrétien devant la maladie, la souffrance et la mort, Paris, Ed du Cerf, 2004

[27]    Archimandrite S. Alexei, La délivrance des péchés, Bucarest, Sophia, 2006, p.37

[28]    JC Larchet, Théologie de la maladie, Paris, Ed. du Cerf, 1991, page 74

[29]      Ibidem, page 75

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