Le baptême, le chemin vers le sacerdoce royal – par Andrei Stanease

Le 20 et le 21 octobre, pendant la célébration de la Sainte Liturgie, Anne-Marie, Anastasie (le 20) et Luc Elie (le 21) ont été baptisés. Ces trois petits enfants sont donc entrés dans l’Eglise, le Corps du Christ, ils sont devenus chrétiens.  

L’Eglise est le peuple de Dieu et chaque baptisé appartient à ce peuple. Si dans le judaïsme il y avait un sacerdoce spécial, séparé du peuple et inaccessible à lui, avec le Nouveau Testament chaque chrétien appartient à l’Église, au peuple élu et formé par le Seigneur et est appelé en tant que prêtre de Dieu à Lui offrir des sacrifices spirituels par Jésus Christ. Ainsi, le signe de l’appartenance au peuple de Dieu est le baptême par l’eau et l’esprit et non plus par la circoncision comme dans l’Ancienne Alliance.

De manière générale, l’entrée dans l’Église se fait par le baptême, la chrismation et l’Eucharistie. Le deuxième temps de l’établissement des laïcs est donc la chrismation, c’est-à-dire l’onction à l’huile sainte. Or, dans l’Ancien Testament seuls les prêtres et les rois étaient oints. Cela montre bien que le ministère en vue duquel le nouveau baptisé est établi est le ministère du sacerdoce royal. La tonsure, l’habillement et la circonvolution autour du baptême composent également le rite du sacrement de la réception dans l’Eglise. Tous ces moments existent également pour le sacrement de l’ordination d’un prêtre ou d’un évêque, ce qui n’est pas fortuit : tous les baptisés sont consacrés à Dieu en vue de servir l’Église. Par l’eau et par l’Esprit, dans le sacrement du baptême, l’homme est établit dans la dignité du sacerdoce royal.

En quoi consiste ce sacerdoce royal ? Pendant la Liturgie, chaque fidèle faisant partie du peuple de Dieu (donc étant baptisé) concélèbre avec le prêtre. Le sacerdoce royal consiste donc dans ce ministère commun, où chacun officie non pas individuellement mais avec tous les autres. Tout fidèle se tient devant Dieu comme liturge pendant que l’assemblée, le peuple, est réuni par Dieu pour Le servir.

Je crois qu’il est important que chacun d’entre nous réfléchisse sur l’importance de ce sacrement (comme de tout sacrement) et le fait qu’on puisse y participer pendant la Liturgie nous donne cette possibilité. En effet, en faisant attention au texte liturgique, aux prières qui sont lues pour le nouveau baptisé, nous pouvons encore et encore, avec émerveillement, dans une attitude d’ humilité, nous rendre compte de notre responsabilité de chrétiens, de notre vocation : faire de notre être, de notre vie, une doxologie et une eucharistie vivantes. Saint Macaire le dit dans son Homélie 27 : «  Le christianisme n’est point quelque chose de médiocre, c’est un grand mystère. Médite sur ta propre noblesse… par l’onction tous deviennent rois, prêtres et prophètes des célestes mystères ». Par le baptême, le nouveau né est « revêtu » de son sacerdoce royal : roi, par son emprise sur les passions ou, comme le souligne Grégoire de Nysse (IVème siècle) : «l’âme montre sa royauté dans la libre disposition de ses désirs, cela n’est inhérent qu’au roi; tout dominer est le propre de la nature royale » .

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